Persona 1

Persona 2

Persona 3

Persona 4

Persona 5

Persona 6

Persona 7

Persona 11

Persona 12

 


Les humains sont prédisposés à percevoir des personnes dans leur environnement, même et surtout lorsqu’elles sont invisibles. La sensation de l’effet de présence peut prendre différentes formes, et j’ai choisi celle du vêtement vide mais étrangement animé, comme coque et extension d’un corps manquant. L’hésitation entre absence et présence, immobilité et mouvement, laisse imaginer l’irruption d’une entité consciente, une persona (au sens de personne fictive et dématérialisée).

La robe est un vêtement exclusivement féminin, et même un symbole de la féminité depuis la Renaissance. La mettre en scène dans des lieux à la fois familiers et fantasmés, permet de soulever la question de la dématérialisation du corps des femmes, de son ambiguïté entre réalisme et image, et surtout de sa fuite. Laisser une robe abandonnée (consciemment ou non?), dans ces espaces relevant à la fois de l’intime et du non-lieu, insinue en effet la disparition d’un corps féminin, d’un échappatoire aux représentations imposées par une société qui le matérialise. Il se créé un contraste entre des lieux fortement romantisés et l’absence de figure féminine pourtant présente inconsciemment de par tout l’univers suggéré, et ces robes prenant la forme troublante et humaine de quelqu’un qui devrait être là.

La narrativité de ces mises en scène tient donc à l’idée que si le vêtement est vide, c’est qu’il existe potentiellement un corps quelque part. Pourquoi n’est-il plus là ? Pourquoi a-t-il déserté la photographie ?

L’objet peut être considéré comme un prolongement de notre identité, et nous plonge dans une relation toute particulière avec lui, entre anthropomorphisme et fétichisme. Avec une esthétique brumeuse pour signifier un espace hors du temps et du réel, le féminin n’a laissé que son attribut vestimentaire pour la représenter. A la fois de princesse, de femme fatale, ou de petite fille, la robe définit et enferme le corps féminin de façon emblématique et le personnifie. Que reste-t-il de cet idéal vestimentaire lorsque le corps n’est plus? Une vision métaphorique de l’idée reçue qu’une femme se définit par son enveloppe, et qu’il ne reste que la troublante impression d’une révolte silencieuse.


Humans are predisposed to perceive people in their environment, even when they are invisible. The sensation of the presence effect can take different forms, and I chose the one of the empty but strangely animated garment, as the shell and extension of a missing body. The hesitation between absence and presence, immobility and movement, suggests the irruption of a conscious entity, a persona (in the sense of a fictitious and dematerialized person).

The dress is an exclusively feminine garment, and even a symbol of femininity since the Renaissance. To stage it in places both familiar and fantasized, raises the question of the dematerialization of the body of women, its ambiguity between realism and image, and especially its flight. Leaving an abandoned robe (consciously or not?), In these spaces of both intimate and non-place, insinuates the disappearance of a female body, an escape from the representations imposed by a society that Materialize it. There is a contrast between strongly romantic places and the absence of a female figure yet unconsciously present throughout the suggested universe, and these dresses taking the troubling and human form of someone who should be there.

The narrativity of these stagings is therefore based on the idea that if the garment is empty, it is because there is potentially a body somewhere. Why is it no longer here? Why did it desert photography?

The object can be considered as an extension of our identity, and plunges us into a very special relationship with it, between anthropomorphism and fetishism. With a misty aesthetic to signify a space out of time and reality, the feminine left only its clothing attribute to represent it. At once a princess, a femme fatale, or a little girl, the dress defines and encloses the feminine body in an emblematic way and personifies it. What is left of this ideal of clothing when the body is no longer? A metaphorical vision of the received idea that a woman is defined by her envelope, and that there remains only the disturbing impression of a silent revolt.


Publicités